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Onze choses à savoir à propos du rapport du Comité consultatif sur l’itinérance

18 mai 2018 - 5:02 pm / Blogues, Nouvelles

Par Tim Richter

En juin 2017, l’honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a mis sur pieds le Comité consultatif sur l’itinérance. Le comité avait pour mandat d’appuyer le remaniement de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance. Le comité, composé de 13 membres, s’est réuni périodiquement au cours d’une période de sept mois, a tenu des tables rondes dans huit régions (ainsi qu’une table ronde axée sur l’itinérance des vétérans, une réunion avec des représentants d’entités communautaires et le conseil consultatif communautaire lors de la CAEH17), en plus de se plonger dans la lecture d’une multitude de documents de recherche et de rétroaction issus d’un processus de consultation publique.

Le rapport du comité – accompagné de recommandations à l’intention du ministre – a été présenté aujourd’hui.

Voici 11 choses à retenir à propos du rapport :

  1. Le changement proposé le plus important pour les collectivités a été l’adoption de systèmes locaux coordonnés d’aide aux sans-abri fondées sur des données afin d’atteindre l’objectif du gouvernement de réduire l’itinérance chronique de 50 %. Ce changement impliquerait, entre autres, la création d’un plan d’un système communautaire en remplacement du plan communautaire du SPLI précédent ainsi qu’un virage vers le rassemblement de données en temps réel sur toutes les personnes aux prises avec l’itinérance au Canada . L’expérience a montré qu’au Canada (c.-à-d. Calgary, Edmonton, Guelph, Hamilton, Medicine Hat, Red Deer, Waterloo) et aux États-Unis une réduction de l’itinérance chronique (et auprès d’autres populations, y compris les jeunes et les vétérans) survient lorsque les collectivités privilégient une approche systémique fondée sur la philosophie « Logement d’abord » à partir de données en temps réel. Le comité a reconnu que la force du SPLI réside dans son modèle communautaire, et les recommandations cherchent à renforcer cette approche. Le comité a également recommandé que le gouvernement continue de mettre l’accent sur « Logement d’abord »  et appuie le développement du potentiel local en apportant des changements au volet du financement Solutions novatrices à l’itinérance.
  2. Le comité a incité le gouvernement à prendre le temps de faire les choses correctement. Étant donné que le nouveau SPLI représenterait un changement considérable comparativement à l’ancien SPLI, le comité a recommandé une période de transition jusqu’à l’exercice financier de 2021-22.
  3. Le comité a reconnu l’importance de l’expérience vécue. En plus de recommander qu’un panel de consultation permanent sur l’expérience vécue se rapporte au ministre Duclos, l’engagement à l’égard de l’expérience vécue était enchâssé dans des recommandations de l’ensemble du rapport.
  4. Le comité a recommandé une définition nationale de l’itinérance. L’absence d’une définition nationale de l’itinérance constitue un désavantage déterminant lorsqu’il s’agit d’obtenir du financement du SPLI pour les femmes, les jeunes, les personnes qui s’identifient comme étant LGBTABI, les peuples autochtones ainsi que possiblement des « itinérants cachés ».
  5. La Définition de l’itinérance chez les Autochtones et la Commission de vérité et réconciliation ont eu une incidence considérable sur la pensée générale du Comité. Le Comité a recommandé l’adoption nationale de la Définition de l’itinérance chez les Autochtones par l’Observatoire canadien sur l’itinérance (page 10), une augmentation du financement pour les Autochtones par le SPLI, qu’un examen de toutes les directives à travers un regard autochtone soit effectué, et qu’une formation sur la compétence culturelle soit priorisée.
  6. Le comité a recommandé que le SPLI continue d’accorder la priorité à l’itinérance chronique. Il a cependant proposé qu’un amendement soit apporté aux priorités afin de faire en sorte que nous ne laissions pas dans l’itinérance les gens dont les besoins sont urgents jusqu’à ce que ceux-ci atteignent un seuil chronologique.
  7. Le comité a appuyé l’ajout de nouvelles collectivités et a recommandé un processus de qualification en deux étapes en fonction du financement disponible. La recommandation du comité a également insisté sur le fait que l’expansion du programme destiné à de nouvelles collectivités ne vienne pas réduire le financement offert aux collectivités existantes.
  8. Le comité a accordé une attention toute particulière à l’itinérance chez les femmes et les jeunes. Le comité estimait que le SPLI actuel ne prenait pas suffisamment en compte les besoins particuliers des femmes itinerants. Le comité jugeait également qu’il était important pour le SPLI de mettre l’accent sur l’itinérance en parallèle avec les recommandations proposées par Vers un chez-soi et l’Obervatoire canadien sur l’itinérance.
  9. Un nouveau financement pour les Territoires. Compte tenu des défis particuliers de logement et d’itinérance qui sont présents dans le nord du pays, le comité a recommandé un nouveau mécanisme de financement pour les territoires, un mécanisme qui serait modelé sur celui des collectivités désignées.
  10. Le comité a reconnu l’importance de la prévention et a recommandé du financement pour des projets de démonstration. Il a suggéré que le gouvernement ait une définition claire de la prévention, qu’il saisisse des occasions de partenariats avec d’autres paliers gouvernementaux ou d’autres départements ministériels. Le comité a également souligné l’importance de données en temps réel pour cibler les interventions et appuyer un changement de politique afin de prévenir l’itinérance.
  11. Le comité a fait valoir le droit au logement, suggérant que si le gouvernement prend réellement au sérieux le droit au logement, il devrait s’engager à entreprendre une stratégie nationale pour mettre fin à l’itinérance, mieux cibler les ressources d’une stratégie nationale en matière de logement pour les gens à risque de devenir itinérants ou qui le sont déjà, et de développer un protocole de responsabilité d’aider à l’échelle du gouvernement federal. L’existence d’un protocole de responsabilité d’aider aurait pour effet d’obliger de façon positive les organismes publics fédéraux à se renseigner sur la situation de logement d’une personne et d’agir afin de mettre fin à l’itinérance de celle-ci.

En conclusion : Le gouvernement mérite des félicitations pour avoir adopté une approche ouverte et consultative face au remaniement de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance. Si les recommandations du comité sont acceptées, nous serions témoins du changement le plus important apporté à la programmation en matière d’itinérance depuis la création de l’Initiative nationale pour les sans-abri.

TÉLÉCHARGEZ un exemplaire du rapport.