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Transformer les refuges canadiens en «moteurs d’élimination de l’itinérance»

17 décembre 2018 - 6:00 am / Blogues
Dans son blogue invité, James Hughes, corédacteur de Beyond Shelters, parle des résultats prometteurs dans l’élimination de l’itinérance par les refuges pour sans-abri lorsqu’ils adoptent une approche Logement d’abord.

 

Par James Hughes

 

 

Les refuges pour sans-abri ont beaucoup changé au cours des 25 dernières années.

Je suis fier d’avoir rédigé un nouveau livre intitulé Beyond Shelters (James Lorimer & Co.) qui souligne un point important. Une des façons majeures dont les refuges ont changé de Corner Brook à Vancouver est dans leur adoption de l’approche Logement d’abord comme outil de base pour réduire l’itinérance dans les collectivités qu’ils desservent. Ce livre est une compilation d’essais écrits par des «anciens combattants» de première ligne provenant de la communauté des refuges pour sans-abri de partout au Canada. Les auteurs écrivent selon la perspective des grandes villes et aussi des petites collectivités des provinces maritimes, des Prairies, du Nord et de la C.-B.

Il fut un temps où les refuges ne représentaient qu’«un repas chaud et un lit» pour les centaines de sans-abri, principalement des hommes, qui n’avaient nulle part ailleurs où aller dans leur ville. Étant donné que la population des sans-abri au Canada a connu une grande croissance depuis la moitié des années 90, les refuges se sont développés non seulement au niveau de leur taille mais aussi de la variété de services qu’ils offrent, le type de professionnels qu’ils emploient et le genre de relations qu’ils entretiennent avec les partenaires des services sociaux de leur domaine. Ils bénéficient aussi de nouvelles recherches qui démontrent sans équivoque qu’une mesure immédiate pour loger les personnes qui viennent de se trouver à la rue ou ceux qui risquent l’itinérance peut éviter les futurs coûts très élevés en soins médicaux, services correctionnels et judiciaires associés à l’itinérance. 

Cette approche Logement d’abord est fort bien expliquée par son fondateur, le docteur Sam Tsemberis, dans Beyond Shelters et a pratiquement entraîné l’éradication de l’itinérance chronique en Finlande. Les refuges canadiens sont également des organismes assez puissants pour gérer et opérer d’importants portefeuilles de logements où placer et soutenir officiellement des personnes qui étaient auparavant sans-abri. En effet, de nombreux refuges se transforment en organismes de soutien au logement et à domicile pour veiller à ce que leurs clients les plus vulnérables aient de grandes chances réelles de refaire leurs vies.

En d’autres mots, les refuges canadiens disposent maintenant de la recherche, des aptitudes, du savoir-faire, de l’expertise en aide au logement et à domicile, et des relations au sein de leur collectivité pour devenir l’un des moteurs pour éliminer l’itinérance au Canada. Avec plus de 400 refuges dans notre pays et environ 16 000 lits gérés, les refuges représentent une des forces motrices de ce secteur.

Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais en général, les refuges veulent jouer un rôle musclé et efficace dans le mouvement pour prévenir l’itinérance quand c’est possible, et loger les sans-abri si nécessaire en utilisant la méthodologie éprouvée de logement d’abord.

 

Beyond Shelters a été officiellement lancé lors de la conférence nationale pour mettre fin à l’itinérance à Hamilton en novembre 2018 et peut être acheté sur le site web de l’éditeur et dans les librairies locales partout au Canada.