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Un nouveau réseau préconise que nous nous concentrions davantage sur l’itinérance dans les régions rurales et éloignées

12 mars 2019 - 3:04 pm / Blogues, Nouvelles

L’ACMFI est heureuse de soutenir la création de l’Alliance nationale pour mettre fin à l’itinérance dans les régions rurales et éloignées (ANMFIRÉ). Il s’agit d’un réseau d’individus et d’organismes qui se concentrent sur le développement et le renforcement d’une voix collective pancanadienne visant à augmenter la sensibilisation sur l’importance de la prévention, de la réduction et de l’élimination de l’itinérance dans les collectivités rurales et éloignées. Dans le présent blogue, Terrilee Kelford et Shane Pelletier partagent avec nous les réalités de l’itinérance au Canada dans les collectivités rurales et éloignées et comment l’ANMFIRÉ a vu le jour.

 

Par Terrilee Kelford et Shane Pelletier, coprésidents de l’Alliance nationale pour mettre fin à l’itinérance dans les régions rurales et éloignées, et Ayon Shahed, directeur du Développement stratégique, Choices for Youth.

 

Dormir sur le sofa d’un ami, ou le couchsurfing, est synonyme de la nature cachée de l’itinérance rurale et éloignée au Canada : des individus et des familles qui éprouvent des difficultés sans endroit à long terme où vivre, ou qui dorment sur les sofas ou dans des situations de logement surpeuplés chez de la famille, des amis ou toute autre personne qui accepte de les héberger.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle l’itinérance dans les collectivités rurales et éloignées est cachée, déclare notre nouveau groupe, l’Alliance nationale pour mettre fin à l’itinérance dans les régions rurales et éloignées (ANMFIRÉ). Nous croyons qu’un manque de recherche, de formation, de couverture dans la presse nationale et d’investissements fédéraux dans les politiques et le financement ont également contribué aux aspects cachés et négligés de l’itinérance dans les collectivités rurales et éloignées.

Beaucoup d’individus dorment sur le sofa de leurs amis, mais beaucoup dorment aussi à la dure et meurent même à cause de leur itinérance dans les collectivités rurales. Vous ne les voyez peut-être pas dans les rues, mais ils sont là. Ce que nous ne possédons pas, ce sont les données, les ressources et un financement durable pour combattre l’itinérance comme chez nos voisins urbains, ce qui contribue à des problèmes tels la migration.

We Are Ready (2018), un rapport rédigé par Choices for Youth à St. John, Terre-Neuve et Labrador, déclare : <<Près de 40 % des individus sans abri interrogés à l’occasion du dénombrement ponctuel de St. John étaient arrivés en ville au cours des cinq années précédentes, et un individu sur cinq s’y était rendu spécifiquement pour pouvoir utiliser les services de soutien.>> L’on a découvert, cependant, que ce type de migration peut isoler et déconnecter les gens de leurs soutiens naturels, de la communauté et de la terre, les exposer à davantage de risques et les rendre dépendants des services urbains surchargés.

Malgré l’annonce du lancement de la Stratégie nationale sur le logement en 2017, le manque d’investissements fédéraux dans les recherches, les politiques et un financement spécifique à l’itinérance rurale et éloignée empêche les collectivités telles celles dans les environs de St. John d’aborder des questions uniques comme la migration. Ce manque d’attention entraîne non seulement un parcours encore plus traumatisant pour les personnes affectées par l’itinérance, mais en bout de ligne, il s’agit aussi d’une occasion manquée de s’engager dans la prévention, incitant ainsi des interventions subséquentes encore plus coûteuses.

Cela enlève également aux communautés leurs futurs employés, gérants de commerces et citoyens.

Les collectivités rurales et éloignées font partie intégrante d’un Canada prospère, fort et dynamique. Elles représentent un tiers de la population canadienne et par conséquent, les gouvernements locaux, les entreprises et les organismes de services de ces régions rurales et éloignées desservent des millions de personnes. Elles font une contribution importante à notre PIB et à la création de communautés prospères partout au pays. Toutefois, la réduction des investissements publics, les répercussions du changement climatique, les marchés du travail et de la fabrication changeants, les pressions dues à l’abordabilité du logement et la disponibilité limitée de soutiens sociaux dans les régions rurales et éloignées ont engendré des défis considérables qui exigent le leadership et des innovations fédérales.

De plus, les personnes autochtones sont fortement surreprésentées parmi ceux qui vivent l’itinérance. C’est une expérience distincte qui exige ses propres solutions, dont bon nombre doivent être mises en oeuvre dans les régions rurales et éloignées. Lors de nos visites dans les collectivités rurales et éloignées, nous constatons toujours la disparité entre les besoins en services et les services offerts. Cette disparité crée un environnement au sein duquel les nouveaux fonds sont souvent utilisés pour pourvoir aux besoins de la collectivité. Dans bien des cas, les personnes autochtones bénéficiaires de services et souffrant d’itinérance reçoivent des services de qualité inférieure, malgré les soins au dessus de la norme fournis par les travailleurs sociaux des régions rurales. À l’aide d’une compréhension et d’un financement accrus, la situation pourrait être équilibrée.

La Stratégie nationale sur le logement et Vers un chez-soi : la stratégie canadienne de lutte contre l’itinérance ont laissé tomber les collectivités rurales et éloignées en omettant d’aborder le besoin pressant d’un financement accru et en omettant de définir l’itinérance cachée répandue que de nombreux Canadiens vivent jour après jour dans nos collectivités rurales et éloignées.

Si nous voulons mettre sur pied un mouvement collectif qui est fondé sur les mêmes objectifs que la Stratégie nationale sur le logement et Vers un chez-soi, il faut absolument que nous investissions dans la recherche, le financement et les politiques qui favoriseront l’atteinte de solutions à l’itinérance dans les régions rurales et éloignées. Nous devons considérer l’itinérance rurale et éloignée sur le même continuum que l’itinérance urbaine. C’est ainsi que nous serons en mesure de bâtir un Canada qui fonctionne pour tous les Canadiens.

À cette fin, des individus, organismes et leaders de partout au pays se sont rassemblés aux côtés de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance afin d’établir, pour la première fois, l’ANMFIRÉ. Ce réseau d’individus et d’organismes est axé sur la création d’une voix collective qui se fera entendre d’un bout à l’autre du Canada grâce au réseautage, à la sensibilisation, la formation et les connaissances partagées et grâce à leur objectif commun de prévenir, réduire et mettre fin à l’itinérance dans les collectivités rurales et éloignées.

L’ANMFIRÉ est heureuse d’annoncer que la Conférence nationale pour mettre fin à l’itinérance CAEH19 tenue à Edmonton, en Alberta, du 4 au 6 novembre 2019, comprendra un volet sur l’itinérance dans les régions rurales et éloignées. Nous aimerions encourager les personnes des régions rurales et éloignées à présenter leurs approches ou programmes novateurs et basés sur les preuves devant le public national en soumettant leur proposition de présentation.

Cliquez ici pour en apprendre davantage sur les appels de présentation. La date d’échéance pour les soumissions est le 31 mars.