Éléments à retenir pour les communautés
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Cultiver des liens avec les propriétaires peut accroître l’offre de logements disponibles aux personnes en situation d’itinérance. Quand la municipalité régionale de Wood Buffalo, en Alberta, a réalisé qu’elle disposait d’une quantité insuffisante de logements hors marché, avec services de soutien et très abordables pour répondre à la demande, elle s’est tournée vers le Fonds d’innovation pour réduire l’itinérance. Ce fonds a permis à la communauté de créer un poste de responsable de la liaison avec les propriétaires. En cultivant et en entretenant des relations avec les propriétaires, la collectivité fait dorénavant meilleur usage des logements du marché privé existants.
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Les personnes à faible revenu n’ont souvent pas les moyens de payer le loyer des logements les moins chers du marché privé. Heureusement, une aide financière souple, comme une allocation au logement, peut combler l’écart d’abordabilité. Grâce au projet du FIRI de la municipalité, des allocations au logement opportunes et flexibles surmontent l’obstacle critique de l’abordabilité lorsqu’un individu cherche un logement. Ces allocations offrent également un sursis précieux pour explorer des sources de revenus et des programmes d’aide financière à plus long terme.
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Soutenir les gens après leur emménagement est une facette clé des efforts visant à réduire les récidives d’itinérance. L’équipe de coordination du logement de Fort McMurray continue d’offrir une gestion de cas intensive visant à renforcer la stabilité de logement, à aider les gens à atteindre leurs objectifs personnels et à intervenir en cas de locations à risque pour prévenir la perte de logement. Quand une location ne peut tout simplement pas être maintenue, le personnel travaille rapidement pour aider les gens à trouver d’autres options de logement et ainsi prévenir un retour à l’itinérance.
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Grâce à l’aide financière du FIRI, la ville a réussi à doubler sa quantité moyenne de personnes sortant de l’itinérance chronique chaque mois. Par contre, bien que les sorties aient augmenté, les données municipales révèlent que les entrées en itinérance ont aussi augmenté. Dans une optique d’amélioration continue et de s’engager résolument dans la réduction de l’itinérance, la municipalité et l’ACMFI ont collaboré sur un deuxième projet du FIRI visant à atténuer cet afflux d’entrées. L’objectif est de réduire l’itinérance chronique de manière générale.
Le travail de Jennifer Pittman consiste à conseiller la municipalité régionale de Wood Buffalo quant à des solutions permettant aux personnes en situation d’itinérance de s’en sortir plus rapidement.
En tant que consultante en programmes sociaux pour cette municipalité, qui couvre Fort McMurray et neuf hameaux, Pittman examine en profondeur le système de gestion de l’itinérance, recherchant des moyens de l’améliorer et les ressources nécessaires pour réduire et, ultimement, mettre fin à l’itinérance.
En effet, mettre fin à l’itinérance n’est pas une idée qui date d’hier dans cette communauté.
En 2023, Fort McMurray-Wood Buffalo a mis fin à l’itinérance parmi ses ancien·ne·s combattant·e·s. Soutenue par Prêt pour zéro Canada, la municipalité a atteint le zéro fonctionnel en ce qui a trait à l’itinérance chez cette population. Elle maintient d’ailleurs cette réussite à ce jour, assurant que l’itinérance demeure un phénomène rare, bref et non récurrent pour les personnes ayant le statut d’ancien·ne combattant·e dans sa collectivité.
À présent, Fort McMurray se penche sur la réduction de l’itinérance chronique.
Dès le lancement du premier cycle de financement du Fonds d’innovation pour réduire l’itinérance (FIRI), la communauté était avide de soumettre sa candidature.
Le FIRI est un fonds de 45 millions de dollars du gouvernement du Canada, géré par l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance (ACMFI), qui soutient les projets d’amélioration fondés sur les données et visant à réduire l’itinérance de façon mesurable au sein de la population. Le programme compile également les apprentissages des collectivités participantes afin d’appuyer les efforts semblables partout au pays.

Jennifer Pittman est consultante en programmes de la municipalité régionale de Wood Buffalo
« Analyser nos données sur l’itinérance chaque mois avec notre conseillère en amélioration de l’ACMFI nous a aidé·e·s à brosser un portrait plus détaillé du projet que nous souhaitions réaliser… elle était toujours là pour nous donner des idées sur des améliorations possibles et son soutien a permis l’approbation de notre projet », affirme Pittman.
À Fort McMurray-Wood Buffalo, la pénurie de logements hors marché, très abordables et avec services de soutien, constitue un enjeu de taille. Les logements du marché privé disponibles sont souvent trop chers pour les personnes en situation d’itinérance à faible revenu.
En septembre 2025, la municipalité régionale de Wood Buffalo a reçu 551 995 $ du FIRI pour lancer son projet de quinze mois, la Collective Impact Initiative, en partenariat avec l’ACMFI.
Le projet a créé un poste de responsable de la liaison avec les propriétaires, financé deux postes de coordination du logement, et offert trente allocations au logement afin de combler l’écart d’abordabilité pour les personnes sortant d’une situation d’itinérance chronique, c’est-à-dire les personnes ayant passé au moins six mois sans logement permanent.
« La responsable de la liaison avec les propriétaires aide à ouvrir de nouvelles avenues vers un logement permanent. Parallèlement, l’allocation au logement remédie à l’abordabilité. Les services de soutien continu en matière de logement, quant à eux, aident les gens à trouver et maintenir une stabilité de logement. Ensemble, ces stratégies touchent à plusieurs points où les gens peuvent se retrouver bloqués entre une situation d’itinérance et une sortie vers la stabilité », explique Lori Richer, la conseillère en amélioration principale de l’ACMFI pour la municipalité régionale.
« Au lieu de chercher une intervention singulière pour augmenter les emménagements, Fort McMurray a analysé toutes ses avenues de l’itinérance à la stabilité de logement et décelé les lacunes à combler à chaque étape », ajoute Richer.
Depuis l’initiation de ce projet il y a un an, la communauté a réussi à augmenter le nombre de personnes qui passent de l’itinérance chronique à un chez-soi bien à elles.
Avant le début du projet, la collectivité parvenait à aider une moyenne de 4,6 personnes par mois à emménager dans un logement. Cependant, depuis septembre 2025, ce chiffre a plus que doublé, atteignant une moyenne de 9,2 personnes qui sortent chaque mois de l’itinérance chronique.
Une fois que les personnes en situation d’itinérance établissent un lien avec l’une des personnes coordonnatrices du logement par l’entremise du projet Collective Impact Initiative, il suffit d’une moyenne de 37 jours pour leur trouver un logement permanent. C’est dix jours de moins que ce que la communauté pouvait réaliser auparavant.
L’honnêteté et la confiance sont essentielles à la création de relations avec les propriétaires
Quand le projet a démarré, la communauté s’est attelée à apprendre et à améliorer les pratiques existantes.
« Nous avons commencé à relever une liste des éléments qui manquaient aux autres programmes, selon les propriétaires, et avons utilisé cette liste pour améliorer notre documentation », rapporte Pittman.
« Grâce à l’information dorénavant incluse dans nos documents améliorés, la responsable de la liaison avec les propriétaires a une vision claire de ce que la personne recherche et puise dans les besoins et les envies de l’individu pour éclairer sa recherche de logements », continue Pittman.
L’innovation centrale dans ce projet du FIRI est la création de ce poste de responsable de la liaison avec les propriétaires. Ce rôle consiste à jumeler des personnes en situation d’itinérance avec des logements du marché privé et à renforcer la stabilité de logement tout en solidifiant les relations avec les propriétaires.
La personne attitrée à ce poste doit contacter des propriétaires pour trouver de nouveaux logements à louer et aider les propriétaires à rédiger des ententes de bail. Elle travaille ensuite avec les locataires pour remplir et signer leur bail et effectue des vérifications mensuelles de la relation entre les locataires et les propriétaires.
« Il y a souvent des préjugés profonds envers les personnes en situation d’itinérance… et nous demandons aux propriétaires qui s’y connaissent peut-être très peu au sujet de l’itinérance de faire confiance au programme et de donner une chance aux gens », souligne Tayla Malott, la responsable de la liaison avec les propriétaires de la Collective Impact Initiative.
« Je suis très honnête et directe à propos de ce que fait le programme… j’explique que nous existons pour soutenir les locataires… et j’écoute les préoccupations et les anxiétés des propriétaires, je leur offre mon soutien », poursuit-elle.

Tayla Malott est la responsable de la liaison avec les propriétaires de la Collective Impact Initiative
Malott dit avoir été capable de trouver plusieurs propriétaires qui comprennent le programme et qui veulent jouer un rôle dans le projet de mettre fin à l’itinérance pour leur voisinage et pour les membres de leur communauté.
« Ce n’est pas qu’une question de paiement de loyer. Ça va bien au-delà de l’attribution de logements. C’est de soutenir des gens dans leur communauté et de faire partie de quelque chose de plus grand », assure-t-elle.
La responsable de la liaison avec les propriétaires a accès à un financement pour couvrir les dépôts en cas de dommages et pour effectuer les réparations dans l’éventualité peu probable de dégradations.
Dans les situations rares où des gens sont évincés de leur logement, Malott explique qu’elle travaille avec la personne locataire et sa·on coordonnateur·rice de logement pour lui trouver un nouveau logement qui répond mieux à ses besoins.
« Je visite chacune des 30 personnes soutenues par le FIRI une fois par mois. La majorité de celles-ci s’épanouissent : elles prennent soin de leur espace, se cuisinent un souper et me font visiter leur nouveau chez-soi avec fierté », raconte Malott.
De plus, la création d’un poste spécifique pour assurer la liaison avec les propriétaires a allégé le fardeau de l’équipe de coordination du logement, selon Breanna MacDonald, cheffe d’équipe des services communautaires de la Wood Buffalo Wellness Society.
« Le nouveau rôle allège la tâche à la personne coordonnatrice de dossier. Je peux me concentrer sur la dimension individuelle avec la personne, travailler sur ses objectifs, alors que la responsable de la liaison travaille directement avec les propriétaires. Nous gagnons du temps : nous n’avons plus à passer des heures à rechercher des logements, à nous rendre à des visites et à des rencontres avec les propriétaires », observe MacDonald.
« Ça a donné un nouveau souffle à ma vie »
Ashley est l’une des personnes soutenues par la Collective Impact Initiative.
Elle vivait dans une maison familiale multigénérationnelle avec ses deux enfants quand un conflit familial avec ses parents l’a contrainte à quitter le domicile familial.
Ne pouvant trouver ailleurs où aller, Ashley a dû prendre refuge dans un centre d’hébergement d’urgence.
« J’avais très peur en y allant, cette journée-là… Je n’avais jamais vécu une telle situation, je ne l’aurais jamais cru possible », admet-elle.
Ashley a vécu dans le refuge d’urgence pendant une année complète. Sans l’aide adéquate pour trouver un logement permanent, elle craignait de ne jamais pouvoir s’extirper de l’itinérance.
« Les loyers sont tous à 2000 $ ici, donc c’est vraiment difficile de trouver quoi que ce soit… c’était pour les enfants que je m’inquiétais le plus, et c’était l’enjeu le plus difficile : trouver un logement assez grand pour nous trois », précise Ashley.

Ashley a déclaré qu’elle et ses deux enfants s’adaptaient bien à leur nouvelle maison, grâce au soutien reçu dans le cadre du projet FIRI.
C’est à ce moment qu’elle a rencontré Caitlin, une coordonnatrice de l’approche Logement d’abord à l’Armée du salut, embauchée pour soutenir le projet. En trente-deux jours, Ashley a signé un bail pour un logement à trois chambres et y a emménagé avec ses adolescent·e·s, après en avoir été séparée pendant un an.
« Ça fait déjà quelques mois et nous allons vraiment bien. Les enfants adorent vivre ici. Nous habitons à côté d’un parc. Nous sommes près de leurs écoles… c’est notre chez-nous et j’espère pouvoir y rester longtemps », lance Ashley.
« Ça a donné un nouveau souffle à ma vie. Je peux à nouveau être leur maman. »
Une allocation au logement pour pallier le manque d’abordabilité
Depuis son emménagement chez elle, Ashley bénéficie de l’aide de Caitlin pour accéder à des aides financières à long terme, améliorer ses compétences administratives et trouver un soutien pour la parentalité.

Caitlin est une coordonnatrice de l’approche Logement d’abord à l’Armée du salut à Fort McMurray.
Toutes les personnes que Caitlin soutient ont un historique d’itinérance chronique. Plusieurs sont en situation d’itinérance depuis quatre ans ou plus.
Considérant les prix des loyers, Caitlin affirme qu’il est incroyablement difficile de trouver un endroit convenable et abordable pour des personnes à faible revenu.
Les allocations au logement ont été d’une aide inestimable pour combler l’écart d’abordabilité, pour loger rapidement des personnes et pour ensuite commencer à explorer des options de revenu à long terme. Ces options, comme l’aide à l’emploi, l’aide sociale, les prestations d’invalidité ou les allocations au logement à plus long terme, prennent souvent un certain temps pour être mises en place. Ces délais risquent de laisser les gens qui attendent dans la rue.
« Le soulagement de cette pression financière immédiate joue un rôle si important pour les personnes dans cette situation », affirme Caitlin.
Le financement municipal prolonge le projet du FIRI alors que les efforts communautaires se poursuivent
Le financement fédéral du FIRI pour la Collective Impact Initiative arrive à échéance en novembre 2026.
Face au succès fulgurant du projet et des efforts déterminés de la communauté, le comité consultatif communautaire (le Homelessness Initiatives Strategic Committee) a approuvé un financement précédemment alloué pour soutenir la continuation du programme jusqu’au 31 mars 2027.
Néanmoins, l’itinérance chronique continue d’augmenter dans la municipalité régionale de Wood Buffalo.
Bien que le nombre de sorties de l’itinérance ait augmenté à Fort McMurray-Wood Buffalo, indiquant que plus de personnes trouvent un logement permanent, l’afflux d’entrées demeure élevé. En effet, la quantité de personnes qui deviennent en situation d’itinérance chronique surpasse celle des personnes qui en sortent.
Ce projet a indéniablement amélioré le système de gestion de l’itinérance de la municipalité régionale. Cette amélioration, à elle seule, n’a toutefois pas suffi à entraîner une baisse globale de l’itinérance.

Au lieu de se laisser décourager, la communauté a trouvé les fonds nécessaires pour prolonger le projet d’amélioration, qui porte ses fruits. Elle a ensuite minutieusement examiné à nouveau son répertoire de données individualisées de qualité afin de comprendre pourquoi l’itinérance chronique a continué d’augmenter. En se basant sur ses données, la communauté met à présent un nouveau projet d’amélioration à l’essai pour atteindre ses objectifs de réduction.
En avril 2026, la municipalité a lancé un deuxième projet du FIRI, en partenariat avec l’ACMFI. Ce projet vise à ralentir l’afflux d’entrées en itinérance en prévenant ce phénomène en amont.
Pour y parvenir, le projet ajoute un nouveau poste de détournement axé sur l’identification des personnes à risque d’itinérance. L’idée est de travailler avec les prestataires de services pour prévenir une entrée éventuelle de ces personnes dans des refuges d’urgence et en situation d’itinérance.
« Il s’agit de l’amélioration continue en pratique. Fort McMurray l’a appris en réussissant à mettre fin à l’itinérance chez les ancien·ne·s combattant·e·s : c’est de cette façon que les communautés cessent enfin de se contenter de gérer l’itinérance et parviennent plutôt à y mettre fin. C’est en analysant les données pour voir ce qui fonctionne très bien et pour déceler les avenues d’amélioration dans la gestion de l’itinérance. Ainsi, nous pouvons la freiner en amont et aider plus de gens à trouver et à maintenir un chez-soi permanent, plus rapidement », déclare Richer.
« Un leadership fort, une collectivité unie et une volonté inébranlable de mettre fin à l’itinérance : voilà comment des réductions importantes se concrétisent. »
*Cette Éclaircie est financée par le gouvernement du Canada.