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Un projet du FIRI réduit l’itinérance chronique de 36 % à St Thomas-Elgin en favorisant la stabilité de logement pour les personnes à risque

13 July 2026 - 11:16 am / Uncategorized

Avertissement sur le contenu Cet article fait mention de consommation de drogues, d’enjeux de santé mentale et de violence conjugale. Si vous avez besoin de soutien en lien avec une crise de santé mentale, vous pouvez cliquer sur ce lien pour trouver des ressources. Sun·e proche ou vous-même avez besoin d’aide en lien avec la violence familiale, vous pouvez cliquer ici pour trouver des ressources.

Éléments à retenir pour les communautés

  • La prévention d’un retour à l’itinérance et les soutiens pour maintenir un logement sont essentiels à la réduction de l’itinérance.
  • Les équipes et soutiens spéciaux pour la gestion des cas peuvent aider les gens à réussir leur transition vers un logement indépendant quand ils sont prêts à franchir cette étape. Cela permet aux personnes de bénéficier de la quantité adéquate de soutien, tout en créant une fluidité au sein du système. Ainsi, plus de places se libèrent dans les logements avec services de soutien existants pour les personnes ayant besoin de plus de soutien.
  • Les fonds flexibles peuvent servir à l’acquisition de technologies d’adaptation qui permettent aux gens de se sentir plus en sécurité dans leur logis tout en remédiant aux tensions et en prévenant les évictions pour assurer unlocation réussie. St Thomas-Elgin a puisé dans son fonds flexible pour acheter des articles, comme une commode ou une télévision et des services spécialisés en trouble d’accumulation compulsive. Ces achats ont amélioré la santé mentale des locataires et ont permis de désamorcer des situations de vie tendues.
  • En cas de crise ou de transition, les gens ont besoin d’un niveau de soutien plus intensif. Cependantselon l’expérience de l’équipe du projet du FIRI de St Thomas-Elginla majorité voit progressivement ses besoins en matière de soutien diminuer, ce qui libère du temps et des ressources pour soutenir d’autres personnes.

Ashley raconte avoir l’impression de remonter dans le temps. 

Un retour à sa vie avant ses enjeux de consommation et de santé mentale. Avant les surdoses et les relations abusives. Avant les passages en prison. Avant les situations d’itinérance par intermittence. 

De retour à une époque d’indépendance et de stabilité. 

« Beaucoup de mon stress s’est dissipé. Je sais que j’ai un logement. Je sais qu’il est à moi. J’y ai pris ma douche. J’y ai dormi. Ma chambre est rangée », énumère-t-elle. 

En février 2026, Ashley a emménagé dans son propre appartement à St Thomas, en Ontario, pour la première fois depuis une décennie. Elle avait précédemment passé plusieurs années en situation d’itinérance et de précarité de logement. Toutefois, durant les quatre dernières années, elle a vécu dans les logements permanents avec services de soutien de deux programmes gérés par l’organisme caritatif Indwell, qui vise à construire des logements abordables et avec services de soutien dans le Sud de l’Ontario. 

« Indwell était un excellent tremplin, mais je suis prête à passer à la prochaine étape. Il y a beaucoup de soutien disponible, mais je vais mieux et je n’en ai plus besoin », déclare Ashley. 

Elle remercie la nouvelle addition au système de gestion de l’itinérance de St Thomas-Elgin, l’équipe dédiée à la prévention de l’itinérance, de l’avoir aidée et de lui avoir permis d’acquérir la confiance en elle nécessaire pour franchir cette étape. 

« Lorsqu’est venu le temps de me trouver un logement, d’essayer de rassembler tous les morceaux, c’est là que j’avais de la difficulté. Je n’y arrivais pas. Un logement pour moi a été trouvé à quatre reprises, mais j’abandonnais… j’avais tout, excepté le financement », admet Ashley.

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L’équipe de prévention a été créée en octobre 2025 grâce à un partenariat avec l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance (ACMFI) et au financement fédéral du Fonds d’innovation pour réduire l’itinérance (FIRI). Elle est composée de deux intervenant·e·s en service social individualisé à temps plein qui ont accès à un financement flexible pour soutenir la stabilisation de logement. 

Le FIRI appuie les projets d’optimisation fondés sur les données qui visent à réduire l’itinérance de façon mesurable dans la population, tout en bâtissant un répertoire d’apprentissages pouvant soutenir les efforts dans la même direction ailleurs au Canada. 

Le projet cherchait à réduire l’itinérance chronique à St Thomas-Elgin de 29 % en réduisant la quantité totale de personnes qui redeviennent en situation d’itinérance après avoir réussi à trouver un logement. 

La communauté connaît un succès considérable. 

Avant octobre 2025, une moyenne de 3,6 personnes perdait leur logement et redevenait en situation d’itinérance chronique chaque mois. Depuis le début du projet du FIRI, la communauté a constaté une moyenne d’environ une personne par mois qui redevient en situation d’itinérance. 

Cette amélioration a aidé la communauté à réduire l’itinérance chronique de 36,7 % depuis juin 2025. 

« Les retours à l’itinérance depuis l’état “logé·e·s” représentent une donnée mesurée par les systèmes de gestion de l’itinérance. Lorsqu’on parle de réductions de l’itinérance, cette donnée est visée », explique Chantal Perry, la conseillère en amélioration responsable de St Thomas-Elgin à l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance. 

« En réduisant la quantité de personnes qui redeviennent en situation d’itinérance grâce à ce projet du FIRI, explique-t-elle, nous voyons des réductions profondes de l’itinérance chronique à St Thomas-Elgin. » 

Selon Perry, il s’agit de la dernière réalisation en date d’une série de plusieurs jalons importants à St Thomas-Elgin. En effet, de ses leaders communautaires jusqu’à son personnel de première ligne, la municipalité est depuis longtemps engagée à rendre l’itinérance rare, brève et non récurrente dans sa communauté. 

Le projet du FIRI qui contribue à réduire l’itinérance 

Historiquement, St Thomas-Elgin a prouvé son efficacité à aider les gens en situation d’itinérance à accéder à un logement, avance John D’Oria, le superviseur des services de stabilité de logement des services sociaux de St Thomas-Elgin. 

Toutefois, lorsque la communauté a analysé ses données avec l’aide de leur conseillère en amélioration de l’ACMFI, une lacune est apparue : plusieurs personnes perdaient leur logement. 

C’est ainsi que le projet du FIRI a vu le jour, à l’origine pour prévenir les retours en situation d’itinérance. 

Au fil de la mise en œuvre du projet d’un an, D’Oria raconte avoir identifié d’autres situations où l’appui des intervenant·e·s en service social individualisé était essentiel au maintien de la stabilité de logement. 

« Dans certains cas, le logement était irrécupérable en raison de circonstances atténuantes, comme un séjour à l’hôpital après lequel la personne ne pouvait plus retourner au logement. Nous devions alors trouver une autre solution. Cette personne va bel et bien sortir de l’itinérance, mais comment allons-nous travailler au cours des 30 prochains jours pour nous assurer qu’elle retombera sur ses pieds? », demande D’Oria. 

« Nous avons dû reloger, d’une façon ou d’une autre, près du quart des personnes que nous soutenons. Alors que leur dossier progresse, nous adaptons notre soutien à leurs côtés et trouvons des solutions en cours de route », explique-t-il. 

Les deux intervenant·e·s en service social individualisé soutiennent un total de 40 ménages. Jusqu’à présent, chacun d’entre eux maintient un logement stable, note D’Oria.

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Ces 40 ménages sont composés de personnes comme Ashley, qui a reçu du soutien pour passer d’un environnement avec des soutiens intensifs à un logement indépendant. 

« L’histoire d’Ashley démontre ce qui est possible dans le continuum du logement. Son parcours a commencé en itinérance hors refuge, pour ensuite passer à Railway City Lofts, et puis à The Station [deux programmes de logements avec services de soutien intensifs]. Ce programme l’a aidée à remonter la pente et à accéder au marché privé… et à se concentrer sur ce qui se trouve de l’autre côté de son expérience d’itinérance », explique-t-il. 

« En retraçant son histoire au cours des cinq dernières années, on voit qu’elle vit aujourd’hui une vie entièrement différente grâce aux solutions et au soutien disponibles », remarque D’Oria. 

Dans cette situation, D’Oria ajoute qu’une nouvelle place s’est également libérée dans le programme de logements avec services de soutien. Celle-ci a été offerte à une nouvelle personne pour l’aider à sortir de l’itinérance et pour qu’elle reçoive les soutiens intensifs dont elle a besoin. 

Cette fluidité au sein du système, rendue possible grâce au projet du FIRI, offre des ressources pour que plus de personnes puissent passer de l’itinérance à un logement permanent à St Thomas-Elgin. 

Tisser des liens avec les propriétaires et résoudre les conflits 

Ashley affirme qu’elle est prête à quitter l’environnement de logements avec services de soutien, car elle n’a plus besoin des soutiens intensifs qui y sont offerts, comme les politiques de gestion des visites, les inspections des chambres et les services de repas. 

Cependant, sans l’appui de l’équipe du projet du FIRI, elle ne croit pas qu’elle aurait réussi à trouver son propre logement. 

« J’aurais probablement renouvelé mon entente [avec The Station] pour une autre période de quatre ans », estime-t-elle. 

Eleisha Oldfield, l’une des deux intervenant·e·s en service social individualisé, s’est attelée à la recherche d’un logement abordable et a pris rendez-vous pour Ashley. 

« L’équipe m’a accompagnée lors de la visite du logement, ce qui a rendu l’expérience plus confortable… Eleisha s’est chargé de la majorité de l’entrevue; j’étais trop nerveuse pour répondre à toutes les questions », admet Ashley. 

« [Même si je suis maintenant installée dans mon logement], si quelque chose me tracasse, s’il y a quoi que ce soit que je ne comprends pas, je peux me tourner vers l’équipe de prévention. Je sais que j’ai encore un système de soutien », ajoute-t-elle. 

Selon Oldfield, une grande partie du travail d’intervenant·e en service social individualisé consiste à bâtir une relation avec les propriétaires et à faire de la médiation en cas de conflit pour réparer les relations et prévenir les évictions. 

« Établir ces liens aide beaucoup, lorsque c’est possible… c’est très difficile de trouver des logements abordables… Je connais une autre propriétaire; elle m’a dit que quand ses locataires actuel·le·s déménageront, elle veut que j’y place d’autres gens », rapporte Oldfield. 

Le financement flexible soutient la stabilité de logement 

Lorsqu’une personne commence à travailler avec l’équipe de prévention, elle a habituellement besoin d’un niveau de soutien intensif, affirme Stephanie Bezaire, une intervenante en service social individualisé dans le cadre du projet du FIRI. 

« Ces personnes sont peut-être à risque d’éviction, sur le point de sortir d’un programme où elles ont trouvé leur propre logement. Toutes ces situations peuvent s’avérer terrifiantes. Nous sommes impliqué·e·s de très près au début. Au cours des six derniers mois, j’ai remarqué une tendance de diminution de la quantité de soutien nécessaire », note Bezaire. 

L’accès à une réserve de financement flexible est important pour payer certaines dépenses qui aident à la stabilité de logement, qu’il s’agisse d’une aide ponctuelle pour couvrir une partie d’un loyer manquant ou des services spécialisés en trouble d’accumulation compulsive, notamment. Ces formes d’aide financière peuvent prévenir des évictions. 

D’autres articles du quotidien contribuent également à maintenir la stabilité. 

Par exemple, la santé mentale d’une personne se dégradait et son logement devenait de plus en plus en désordre. L’acquisition d’une commode lui a permis de mieux ranger ses vêtements et de mieux organiser son espace. 

Dans une autre situation, la santé mentale d’un homme se détériorait le soir venu et il faisait les cent pas dans son espace toute la nuit, dérangeant les autres locataires, ce qui a mené à des tensions. L’équipe a pu acheter une télévision, ce qui a contribué à apaiser son esprit et à résoudre les conflits. 

« Ce programme ne suffit pas aux personnes qui ont besoin de soins médicaux intensifs, mais il se conjugue très bien aux autres programmes de soutien. La commode était une solution de 120 $ que le système de santé ne peut pas offrir », explique D’Oria. 

« Ce sont ces solutions toutes simples qui préviennent l’itinérance avant qu’elle ne commence », ajoute-t-il. 

Une feuille de route pour prévenir l’itinérance 

Plus largement, D’Oria affirme que ce projet du FIRI a aidé la communauté à se concentrer sur la prévention des crises plutôt que sur leur gestion. De plus, il a mis en évidence les soutiens qui seront nécessaires après que l’itinérance chronique aura été résolue. 

« Alors que notre répertoire de données individualisées se raccourcit, ce projet nous a permis d’anticiper la trajectoire de la rondelle… en direction de la stabilité de logement, plus en amont, nécessitant des approches davantage préventives », souligne-t-il. 

Selon D’Oria, dans une communauté tissée serrée qui se rassemble déjà autour de l’objectif commun de mettre fin à l’itinérance, le FIRI a donné à St Thomas-Elgin un outil pour faire équipe avec les milieux de la santé et de la justice, avec les fournisseurs de logements et les propriétaires, renforçant ainsi la gestion de l’itinérance dans son ensemble. 

« Nous pouvons résoudre l’itinérance chronique. Nous la résoudrons une personne à la fois, un placement à la fois. » 

*Cette Éclaircie est financée par le gouvernement du Canada.