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Halton construit avidement des logements avec services de soutien et loge ainsi des personnes en situation d’itinérance

20 May 2026 - 1:13 pm / Nouvelles

AVERTISSEMENT SUR LE CONTENU Cet article aborde le suicide. Si vous ou lun·e de vos proches avez besoin de soutien, vous pouvez appeler ou envoyer un message texte à la Ligne d’aide en cas de crise de suicide du Canada en composant le 988. 

Éléments principaux à retenir pour les communautés

  • Les entités communautaires et les responsables de la planification des systèmes de gestion de l’itinérance jouent un rôle clé dans l’identification de la quantité actuelle et prévue de logements abordables et avec services de soutien qui seront nécessaires pour mettre fin à l’itinérance.  
  • Pour réduire l’itinérance et éventuellement y mettre un terme, les communautés doivent utiliser leurs données individualisées pour combler les places existantes dans des logements abordables et avec services de soutien. 

Rej n’aurait jamais imaginé se trouver un jour dans une telle situation. 

Il a travaillé toute sa vie. Il a toujours eu un endroit où se loger, que ce soit une chambre, un appartement ou sa propre maison. 

« J’ai toujours payé mon loyer. Payé mon prêt hypothécaire. Et tout à coup — bang —, un imprévu sort de nulle part et tu es là et tu te dis, “Ok. Qu’est-ce que je vais faire?” » demande Rej. 

À 73 ans, Rej a reçu le diagnostic d’une condition de santé signifiant qu’il ne pourrait plus être agent de sécurité, un poste qu’il occupait depuis plus de 10 ans.  

« À cause de mon état physique, je ne pouvais plus faire mon travail, donc j’ai dû démissionner. Mon revenu a disparu. Je ne pouvais plus vivre où j’habitais, » confie-t-il.  

« Tu as des ami·e·s et de la famille qui veulent t’aider, mais leurs vies continuent et, au fond, tu ne veux pas être un poids pour tes proches. » 

Sans domicile pour la première fois de sa vie, Rej a dû chercher refuge dans un centre d’hébergement d’urgence à Oakville. Il y est resté plusieurs mois avant de recevoir une offre pour s’installer au 265 Kerr Street, un des nouveaux complexes de logements abordables et avec services de soutien dans la région d’Halton.  

« Je me souviens de quand j’y ai emménagé au mois d’août 2025, quand j’y ai apporté toutes mes choses… J’étais là, dans mon appartement, à observer l’espace, pris par les émotions. Finalement, j’ai mon chez-moi. Finalement, je peux payer mon loyer. Finalement, j’ai les moyens de le payer. Finalement, je peux passer à autre chose, » raconte Rej. 

Halton compte construire 165 nouveaux logements avec services de soutien. 

L’immeuble de 52 unités situé au 265, rue Kerr a été construit expressément pour la location et a été achevé en juin 2025. 

Parmi ces logements, 30 sont réservés aux aîné·e·s sur la liste d’attente pour les logements subventionnés, une liste qui a augmenté de 72 % depuis 2021 et compte maintenant plus de 8000 ménages à Halton cherchant un endroit abordable où vivre. 

Les 22 autres appartements sont des studios avec services de soutien pour les aîné·e·s en situation d’itinérance ayant des problèmes de santé chroniques ou des enjeux de mobilité. 

L’immeuble offre des logements de transition à long terme avec services de soutien. Les locataires peuvent donc y résider pendant une période allant jusqu’à quatre ans et bénéficier d’un soutien adapté du personnel afin de trouver un logement permanent. Si cette période ne s’avère pas suffisante, les locataires ont la possibilité de prolonger leur séjour au 265 Kerr Street. 

« Depuis quelques années, nous avons constaté une augmentation des aîné·e·s en situation d’itinérance et nous voulions combler cette lacune. C’est ce qui nous motive à prioriser les nouveaux logements avec services de soutien pour les personnes âgées, » explique Tiffany Dorman, gestionnaire de l’itinérance et des logements avec services de soutien pour la municipalité régionale d’Halton. 

Les logements avec services de soutien ont été attribués à des personnes âgées identifiées grâce au répertoire de données individualisées d’Halton. Cette base de données actualisées de toutes les personnes en situation d’itinérance dans la région inclut des détails sur le type de soutien dont ces personnes ont besoin pour trouver et maintenir un chez-soi sécuritaire et abordable.

Tiffany Dorman est gestionnaire de l’itinérance et des logements avec services de soutien pour la municipalité régionale d’Halton.

« Les communautés mettent fin à l’itinérance quand elles ont des données de qualité qui les aident à comprendre comment les gens entrent en situation d’itinérance et quand elles utilisent ces mêmes données pour éclairer leurs décisions et allouer les investissements dans leur communauté, » affirme Dawn Wheadon, conseillère en amélioration responsable d’Halton à l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance. 

La plupart des personnes en situation d’itinérance à Halton n’ont pas besoin de logements avec services de soutien de façon permanente. Dorman souligne que plusieurs traversent une période difficile et ont besoin d’un logis temporaire pourvu de services de soutien intensifs et personnalisés afin de passer à la prochaine étape du continuum de logement et de trouver un appartement indépendant. 

« Nos données individualisées rapportent que nous avons besoin d’au moins 165 nouveaux logements avec services de soutien, principalement pour les individus ayant des besoins de santé intensifs à combler pour arriver à maintenir un logement dans la communauté, » souligne-t-elle. 

C’est ainsi que la municipalité régionale d’Halton a décidé d’inclure une cible de construction d’au moins 165 logements avec services de soutien dans le cadre de sa Stratégie détaillée sur le logement 2025-2035. 

Halton ne s’arrête pourtant pas là. 

La municipalité régionale détient un portfolio dans lequel se trouvent 535 projets de logements prêts à être construits et en cours de construction qui augmenteront l’offre de logements abordables et avec services de soutien. 

En ayant l’appui adéquat de la part des gouvernements provincial et fédéral, Halton estime pouvoir construire plus de 1350 logements au cours des 10 prochaines années. 

« Nous sommes continuellement à la recherche de nouveaux projets novateurs afin d’enrichir notre portfolio de logements avec services d’assistance et de soutien. Le 265 Kerr Street est une nouvelle construction, mais nous explorons également nos relations avec des développeurs tiers et la possibilité d’acquérir des immeubles existants, » spécifie Dorman. 

L’histoire de Jennifer 

Jennifer* faisait partie des premières personnes à emménager dans un appartement au deuxième étage du 265 Kerr Street après son inauguration. 

Les membres du personnel et les résident·e·s du deuxième étage sont unanimes : son espace est digne des pages d’un magazine de design intérieur. 

« Tandis que mes espaces précédents étaient manifestement “transitoires”, celui-ci est mon chez-moi que je peux décorer. C’est incroyable. J’ai le droit de percer les murs, d’accrocher des cadres. J’étais surprise quand je l’ai appris. J’avais envie d’essayer de me sentir chez moi ici, » avoue Jennifer. 

Tout comme Rej, Jennifer n’aurait jamais imaginé se retrouver en situation d’itinérance.  

Mère célibataire, Jennifer a travaillé toute sa vie et inscrit sa fille dans une école privée. Elle aimait voyager pendant les vacances et était propriétaire de sa maison.

L’immeuble de 52 unités situé au 265, rue Kerr a été construit expressément pour la location et a été achevé en juin 2025.

« J’ai vendu ma très grande maison au moment où la pandémie de la COVID-19 a commencé et les années suivantes ont été très difficiles. Je ne travaillais pas. Je n’avais plus d’argent et j’ai reçu un avis d’éviction, » admet Jennifer. 

« J’ai l’impression d’avoir échoué. D’avoir échoué à quelque chose de simple : l’accès à un toit. J’imagine que les gens n’ont pas vraiment envie d’y penser, parce que ça pourrait arriver à n’importe qui, » suppose Jennifer. 

Le jour de son éviction, Jennifer raconte avoir fait une tentative de suicide. Elle a été trouvée et emmenée à l’hôpital, où elle a été admise en psychiatrie pendant près de trois semaines. 

« Je ne pensais pas qu’il y avait d’issues pour moi, » nous confie-t-elle. 

Après un bref séjour dans un établissement de transition pour les personnes sortant de l’hôpital psychiatrique, Jennifer a obtenu son congé et été dirigée vers un centre d’hébergement pour familles et femmes à Burlington. C’est là qu’elle a habité jusqu’à ce qu’on lui offre un appartement au 265 Kerr Street. 

« C’est vraiment un bel environnement, mieux que je n’aurais pu l’imaginer. L’ambiance est très communautaire et le personnel cherche toutes les façons possibles de nous aider, » avance Jennifer.  

Un « programme à plus long terme » qui aide les gens à accéder à des services de soutien et à un logement permanent 

Jennifer raconte que l’équipe de Links2Care dans l’immeuble de logements avec services de soutien l’a aidée à se sentir chez elle, à trouver un·e psychiatre et à renouer avec sa communauté. Quand elle sera prête, l’équipe l’aidera à trouver un logement permanent. 

« Je m’efforce de ne pas voir la situation comme un échec personnel. C’est difficile… mais je pense que c’est important que tout le monde sache que ces services existent, qu’il y a une solution. Il y a des ressources, » assure Jennifer. 

Le programme de logements transitoires avec services de soutien est à plus long terme. En effet, il permet aux gens de se développer, de se retrouver et de se rétablir, explique Tiziana Pelusi, gérante de la gestion des cas de Navigate Halton pour le programme de logements transitoires de Links2Care, le groupe communautaire responsable du programme au 265 Kerr Street. 

« Cette longue durée est absolument essentielle. Nous travaillons avec des personnes âgées et cette quantité de temps les soutient à un rythme soutenable et leur permet de trouver leur logement permanent. Nous ne les pressons pas, » affirme Pelusi.

Tiziana Pelusi est gérante de la gestion des cas de Navigate Halton pour le programme de logements transitoires de Links2Care, le groupe communautaire responsable du programme au 265 Kerr Street.

C’est ainsi qu’Halton construit l’ensemble du spectre du logement en offrant le soutien nécessaire aux personnes en situation d’itinérance afin qu’elles trouvent un chez-soi pour le reste de leur vie. Au 265 Kerr Street, l’équipe aide ces personnes à accéder aux soins de santé dont elles ont besoin, à tisser des liens sociaux, à acquérir des connaissances financières et toutes autres compétences que les résident·e·s souhaitent renforcer.  

Rej ajoute que le personnel l’aide à trouver un nouveau travail : préférablement un emploi en télétravail, comme traduire des documents de l’anglais au français et vice versa. 

« J’ai besoin de travailler. J’ai besoin de me lever le matin et d’avoir un endroit où aller, un objectif… À mon âge, même si les gens ne le diront pas, ils lisent mon CV et voient mon âge et ça affecte le processus, » dit-il. 

Rej a confiance en sa capacité de trouver un emploi bientôt avec le soutien dont il bénéficie actuellement. Ensuite, il passera à l’étape suivante. 

« Est-ce que j’ai envie de rester et de vivre ici pour le reste de ma vie? Non. J’aimerais retrouver mon indépendance… quand tu as ton propre espace, c’est toi qui décides. On verra bien ce que la vie me réserve pour le reste de mes jours, » conclut Rej. 

*Cette Éclaircie est financée par le gouvernement du Canada.